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Archives pour janvier 2012

La salle St Martin de la Pommeraye… va être détruite.

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Pas content! Pas content! Pas content!

Enfin quoi! On ne peut pas détruire un endroit pareil, empli de souvenirs, d’histoire, d’émotions… Il s’y est passé tant de choses…. Mais quoi qu’il en soit, c’est irrévocable. D’après mes sources, les sièges sont même déjà vendus à des particuliers…

Tant de souvenirs sont encrés dans ses murs, son plancher, sa scène, ses rideaux rouges… J’y ai ainsi fait mon tout premier gala de danse, et tout ceux qui ont suivis depuis 7 ans. J’y ai fait ma première approche du théâtre il y 3 ans, dirigeais la régie (très mal, il est vrai), un coups de cœur qui m’a fait m’inscrire au théâtre pour mes années lycée… Jamais je n’aurais cru que le théâtre ferait autant partie de ma petite vie d’étudiante. Deux heures par semaine, je me rends dans cette salle afin de jouer. Depuis ainsi 2 ans, je me surpasse sur ces planches. Non pas que je me trouve un quelconque talent, mais… je crois, je suis sûre d’avoir franchi, jour après jour, et de plus en plus loin, des limites de ma personnalité que je croyais indépassables.

J’ai grandi sur ces planches, je me suis donnée, épanouie, éveillée, découragée, déçue, et puis renforcée, révélée sur ces planches. J’ai pleuré pour X raisons, X nombre de fois en ce lieu, tantôt devant un film, pendant un gala, tantôt en cours de théâtre, devant une difficulté, un découragement, un échec, un stress trop intense… Mais j’ai toujours su me relever, me dépasser. Et une fois l’épreuve surmontée, la joie était si immense… que je ne saurais l’expliquer. Des amitiés y sont nées, s’y sont renforcées. Nous ne formons plus qu’une famille dans cette salle de théâtre, une famille qui n’a ni honte, ni jugement, une famille qui profite de chaque instant et se donne au maximum pour au final être fière du travail accompli. Dans cette salle, je me suis construite une personnalité plus forte, aujourd’hui je sais me dévoiler, ne plus avoir peur du regards des autres. J’ai donc grandi dans cette salle et vécu certains des moments les plus importants qui me soient arrivé. Savoir que je n’éprouverai plus jamais la joie de danser devant un public sur cette scène, n’y donnerai plus aucune réplique, ne saluerai plus jamais à la fin du spectacle, me fend le cœur… Je veux y laisser ma trace, ou au moins emporter un peu d’elle avec moi. Je veux graver mon nom sur ses murs, prendre un bout de rideau (et m’en faire une couverture, pourquoi pas!)… Cette salle est vivante pour moi, j’y vois les fantômes de mes moi passés… chaque endroit, coin de ce lieu contient une date, un moment précis, un évènement de ma vie.

De plus, la destruction de cette salle correspond en même temps à la fin d’une partie de ma vie, certainement une des parties les plus confortables. Et oui, après le bac, c’est le grand saut. Et cette destruction me rappelle à la réalité, l’accès à la salle sera interdit vers le mois de mai il me semble… Autant dire beaucoup trop tôt. Cela ne fait que rapprocher la séparation. J’aurais voulu profiter au maximum, faire que la fin soit la plus parfaite possible… J’espère que la magie opèrera malgré tout, que je puisse leur dire adieu d’une manière honorable, et qu’aucune tâche ne vienne plus salir mes magnifiques souvenirs de la Pommeraye…

La magie dure 3min15.


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BACH – Prelude et Fugue no. 2 en do mineur BWV 847

Oui, à moi aussi le regard de l’enfant me fait peur à la fin…

La fin d’une naïveté

    Aujourd’hui, j’ai réalisé que j’avais renoncé au souhait de me voir un jour mariée. Non pas que je ne crois plus en l’amour, l’amour d’une vie entière, le grand, le vrai, bref, j’ai seulement réalisé que peu de personnes ont la chance de vraiment se correspondre, de rester sur la même longueur d’onde des années durant. C’est vrai, beaucoup d’histoires fonctionnent très bien jusqu’au jour où un des deux déraille, et y met une fin. Mais passons… L’idée de bonheur ne devrait pas passer obligatoirement par le mariage. Et si l’on ne trouve pas la personne idéale? Alors très bien, il y a le divorce. Je suis totalement pour. On a le droit à l’erreur. Je rajouterais même que, d’après moi, une femme ou un homme divorcé n’a absolument pas raté sa vie. Enfin! La vie continue. Bon, on s’est trompé, et alors? « Ce n’est qu’un mariage! », peut-être pas jusque-là. Mais, le divorce est une sorte de renaissance, de changement de parcours, de redécouverte de soi, et pas forcément un malheur, mais une opportunité (ou occasion?) de se construire un autre bonheur. Et ce droit à l’erreur, je me l’accorde de même. Être marié n’est ainsi plus un souhait pour moi, comme celui de beaucoup de jeunes filles à qui on a lu un tas de contes de fées, ramassis de machins roses et de trucs sentant la vanille, nous faisant fantasmer une vie de princesse dès notre plus jeune âge, pour mieux nous balancer du haut de notre nuage, sitôt sorties de l’âge des appareils dentaires et des énormes poussées d’acné.  Bref, si je fonde une famille, très bien. Et si je n’en fonde pas, très bien aussi. Quand on y pense, c’est un peu léger comme but dans la vie… Mais se rendre utile pour l’humanité, faire bouger des choses, partager son savoir, participer à des projets, ça, ça me semble intéressant, et un peu plus lourd de sens, non?

« Je ne veux pas d’avenir, je veux un présent », Robert Walser.

Image de prévisualisation YouTubeThe meadow – Alexandre Desplat

   Derrière ses rire, son manque de sérieux, sa folie quotidienne, se trouvent une jeune femme blessée, perdue, cherchant un remède au poison qui peu à peu infiltre sa vie. Cette jeune femme sait qu’elle prend la mauvaise direction, espère, attend que ça lui passe pendant que le temps qui passe ne l’attend pas. On lui a coupé les ailes à plusieurs reprises, elle qui se croyait intouchable, tout là haut, sur son nuage. Aujourd’hui, ses ailes repoussent mal, imparfaites, abîmées, profondément écorchées, elles ne lui permettront plus jamais de voler, pas aussi haut.
Cette jeune fille est si fragile qu’elle se casse, en deux, régulièrement, quotidiennement, si souvent, aussi souvent qu’elle rit. Pour rien, pour tout, n’importe quoi! Elle a beau savoir qu’il ne faut pas, qu’elle doit être forte, lorsque la moindre chose va mal, un seul mot et elle verse ses larmes, ne sachant pas la vraie raison de ses pleurs cependant. Elle n’aime pas pleurer, tu sais, ça la rend faible devant les autres, elle a honte d’être comme ça et ne se rappelle plus quand est-ce que ça a commencé, pourquoi. Aujourd’hui elle souffre, hier aussi. Elle essaye d’être digne, oublier, recommencer à rêver, reprendre confiance, pour demain retrouver son souffle. Elle se sent simplement vide, vide de sens, vide d’importance. Peu importe les études, les perspectives d’avenir, son problème c’est elle. Elle ne supporte pas de vivre si simplement, mécaniquement. Elle veut respirer la vie, la valeur de la vie, elle veut trouver la force, pauvre petite fille fragile, elle se rabaisse sans cesse, se croit incapable, attend une sorte de révélation. A force d’attendre, ça devient minable.

Ce « mal incurable »

« Chaque parcelle de ton corps est empreinte en ma mémoire, chaque fragment de ta peau est vivant en moi, ton odeur ta chaleur, passer ma main sur ton visage de solitude, caresser ta nuque fragile de verre, embrasser ton corps des heures durant, te prendre dans mes bras, te garder encore un peu, te dire combien je t’aime, te dire de ne pas avoir peur de la vie qui te reste je t’ai donné la mienne, fais-en ce que tu veux, prends mes années pour qu’elles s’ajoutent aux tiennes, prends ma jeunesse pour qu’elle te revienne. » Nathalie Rheims, dans Lettre d’une amoureuse morte.

Ce
Illustration du livre Lettre d’une amoureuse morte

J’aimerais connaître un autre remède à ce mal que l’amour lui-même. Ne peut-on pas cesser d’aimer  autrement qu’en s’éprenant d’un autre? Aimer inutilement un homme affaiblit, terrorise, empêche d’avancer… Une solution serait d’être forte, de décider d’être heureuse d’une autre manière, de tenter d’oublier. Mais comment y arrive-t-on? Par quels moyens? Sans courage, y peut-on quelque chose?



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