Archives pour mars 2012

Respect

Discutions à table… Il y a à peine cinq minutes. Ma mère cherchait à énerver ma sœur, vicieusement, à plusieurs reprises, voyant que celle-ci ne réagissait pas comme elle le souhaitait… Lorsque celle-ci répondit enfin de manière incorrecte (puisque c’est ce qu’elle attendait), ma mère lui ordonna de lui « devoir le respect ». Très bien, d’accord.

J’ai donc rajouté que oui, on devait le respect, mais uniquement aux personnes respectueuses envers nous. Poursuivant sur ma voie (en grande envie de débattre), j’ai aussi rajouté que le respect qu’on leur devait (à nos parents) n’étaient pas dû au fait qu’ils étaient à proprement parlé nos parents, mais bien par le fait qu’ils nous éduquent, nous logent, nous aiment aussi, nous aident, nous suivent, nous entourent, et bien sûr aussi par le fait qu’ils nous ont donné la vie. Mon père ayant mal pris ma réflexion me le fit savoir et rajouta que les parents sont les parents, et que quoi qu’il arrive les enfants leur doivent un total respect. Allant droit au but, j’évoquai donc l’exemple d’un enfant violé par sa mère. Lui doit-il le respect sous prétexte qu’il lui doit la vie? Le respecte-t-elle, son enfant? L’enfant qu’elle a mit au monde, qu’elle doit aimer comme une mère? Si une mère ne peut aimer son enfant comme une mère, pourquoi l’enfant devrait-il l’aimer comme un enfant? Mon père me répondit que la mère devait être punie pour ce qu’elle avait fait, mais que dans tous les cas, cet enfant resterait son enfant. Encore un point où je ne suis pas d’accord.

Je pense que le respect n’a rien à voir avec le lien du sang. Qu’en est-il des enfants adoptés? des enfants issus de mères porteuses? Une mère, un père, sont et resteront ceux qui les auront accompagné dans la vie, qui auront participé à leur « construction » d’être, qui les auront aimé, éduqué, qui auront été des modèles pour ses enfants à un âge où ils étaient encore inconscients du vrai sens de la vie, n’avaient pas encore fait leur propre idée du monde, non pas une personne ayant un ADN similaire, n’ayant fait « qu’ » engendré ces enfants. Car bien sûr, donner la vie n’est pas négligeable, c’est loin d’être un détail, lorsque naturellement avec cette naissance suit l’amour des parents, le respect de cet être qui est leur enfant, mais qui ne leur appartient pas. Le respect doit se faire dans les deux sens. Un parent, sous prétexte qu’il a une autorité sur son enfant, ne doit en aucun cas croire que cet enfant est en sa possession, et qu’il peut se permettre de briser les règles du respect que chacun se doit. Je rajouterai aussi que, un adulte souffrant de problèmes relationnels avec des collèges, un supérieur, une quelconque personne, devant laquelle il se sent inférieur, rabaissé, n’a pas à « combler » ce manque d’autorité sur ces enfants en rentrant du travail… car c’est souvent de manière plutôt injuste. Penser qu’on maîtrise au moins quelqu’un, ces enfants en l’occurrence, pour faire remonter sa fierté… Bien mature pour un adulte.

Article fait sous la colère, mon père ayant coupé le débat net, vexé d’être contredit.

Vivre Musique.

Un soir du mois de mai, entre onze heures et minuit, la société était réunie dans le grand salon. […] Liszt jouait un Nocturne de Chopin et, selon son habitude, le brodait à sa manière, y mêlant des trilles, des trémolos, des points d’orgue qui ne s’y trouvaient pas. À plusieurs reprises, Chopin avait donné des signes d’impatience ; enfin, n’y tenant plus, il s’approcha du piano et dit à Liszt avec son flegme anglais :

Je t’en prie, mon cher, si tu me fais l’honneur de jouer un morceau de moi, joue ce qui est écrit ou bien joue autre chose : il n’y a que Chopin qui ait le droit de changer Chopin.Eh bien, joue toi-même ! dit Liszt, en se levant un peu piqué. – Volontiers, dit Chopin.

À ce moment, la lampe fut éteinte par un phalène étourdi qui était venu s’y brûler les ailes. On voulait la rallumer.

Non ! s’écria Chopin ; au contraire, éteignez toutes les bougies ; le clair de lune me suffit.

Alors il joua… il joua une heure entière. Vous dire comment, c’est ce que nous ne voulons pas essayer. […] L’auditoire, dans une muette extase, osait à peine respirer, et lorsque l’enchantement finit, tous les yeux étaient baignés de larmes, surtout ceux de Liszt. Il serra Chopin dans ses bras en s’écriant :

Ah ! mon ami, tu avais raison! Les œuvres d’un génie comme le tien sont sacrées ; c’est une profanation d’y toucher. Tu es un vrai poète et je ne suis qu’un saltimbanque.

Vivre Musique. dans I must confess. main-Chopin-300x151

Moulure de la main gauche de Frédéric Chopin sur son lit de mort

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J’ai comme l’impression de ne pas être née à la bonne époque… pas le bon univers. Je veux vivre de musique. J’aurais voulu vivre musique. Il n’est jamais trop tard, et pourtant…

Mon père ayant été musicien, il aurait pu me conduire dans cette voie bien plus tôt… Je lui en veux de ne pas avoir su, de n’avoir pas compris que mon désir de faire de la musique était bien plus qu’une lubie d’enfant. Aujourd’hui, je m’accroche, je me débrouille, seule… Rêvant de grands orchestres que je ne ferai jamais qu’admirer.

Aujourd’hui, je ne dirais pas que j’ai renoncé. « Changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde », c’est exactement ça. Pour arrêter d’espérer l’impossible, d’être déçue, il a fallu accepter, se fixer d’autres buts… Eux, accessibles.

 



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